Quand le jeu des égos prend le dessus sur les intérêts du Sénégal !
Le slogan « Jub, Jubal, Jubanti » semble aujourd’hui s’être transformé en une succession de jeux juvéniles de jouissance politique. Notre pays traverse une véritable crise politique et institutionnelle, dans laquelle deux camps semblent s’affronter comme des jeunes qui cherchent davantage à se faire plaisir qu’à répondre aux attentes du peuple sénégalais.
D’un côté, le camp de Pastef semble rappeler qu’il dispose de la majorité parlementaire et entend s’en servir comme un moyen de pression politique. De l’autre, le camp de Kiiiray entend s’appuyer sur les dispositions de la Constitution pour contourner ce qu’il considère comme des manœuvres de la majorité à l’Assemblée nationale.
Ainsi, chacun brandit les moyens dont il dispose, non pas nécessairement pour construire des consensus, mais pour prendre le dessus sur l’autre. L’Assemblée nationale, pilier de notre démocratie, risque alors de devenir le théâtre d’un affrontement où les égos prennent le pas sur les véritables priorités nationales.
Mais à quel prix ?
Dans ce ring politique, c’est l’image de notre nation qui risque de pâtir de ces confrontations aux yeux de la communauté internationale, de nos partenaires et des investisseurs. La crédibilité du Sénégal, sa stabilité institutionnelle et son attractivité économique ne devraient jamais être les victimes collatérales des rivalités entre acteurs politiques.
Ces deux camps incarnent pourtant des choix exprimés par les Sénégalais en 2024. Le peuple leur a confié des responsabilités et placé en eux des attentes légitimes. Était-ce pour assister à une démonstration d’égo, à une bataille de positionnement et à une compétition de rapports de force ?
Au lieu de faire preuve de hauteur de vue et de maturité politique, les acteurs donnent parfois le sentiment de réduire la gestion de la nation à un jeu d’enfants, oubliant les urgences sociales, économiques et structurelles auxquelles les Sénégalais sont confrontés.
Une question, non sans ironie, me traverse alors l’esprit : le régime sortant avait-il anticipé cette soif de jeux et de divertissements politiques en organisant les Jeux olympiques de la jeunesse, afin que chacun puisse satisfaire son envie de jouer ?
Bien entendu, les Jeux olympiques de la jeunesse constituent une occasion de promouvoir le sport, la fraternité et le rayonnement du Sénégal. Mais la jeunesse, au-delà des jeux, symbolise également l’audace, la maturité, le progrès, la responsabilité et la capacité de prendre des décisions courageuses pour affronter les défis du monde contemporain.
Notre pays n’a pas besoin de dirigeants qui jouent avec ses intérêts. Il a besoin de responsables capables de dépasser leurs divergences pour construire des solutions durables.
Ça suffit de jouer avec les intérêts du Sénégal !
Ça suffit de jouer avec les institutions de la République !
Ça suffit de jouer avec l’argent du contribuable sénégalais !
Ça suffit de continuer à ternir l’image de notre pays !
Le Sénégal n’est ni un terrain de jeu pour les ambitions personnelles ni un ring destiné à départager des camps rivaux. Il appartient à tous les Sénégalais, qui attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, la santé, la souveraineté économique et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Il est temps de sortir de cette logique d’affrontement. Il est temps de mettre les égos de côté, de restaurer la sérénité institutionnelle et de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts partisans.
Le peuple sénégalais a suffisamment exprimé ses attentes. Il est maintenant temps de lui apporter des réponses.
Le Sénégal d’abord !
Issa Sadio Kanouté
Président du parti
EPS / DOGU NGIR SÉNÉGAL





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